| Maison du Livre, de l’image et du son de Villeurbanne |
| entretien avec Laurence Marconne, responsable secteur cinéma |
Si l’on consulte Le Petit Robert, on y trouve comme définition de "film documentaire" : « film didactique présentant des documents authentiques, non élaborés pour l’occasion ».
Pour une partie du public, regarder un film documentaire suppose donc, en plus de la notion de réel, de par cette notion "didactique", que l’on doive fournir un effort intellectuel particulier dans le but d’accéder à un savoir, à une connaissance. Trop souvent hélas, le public conçoit mal que l’on puisse trouver aussi du plaisir à voir un film documentaire. Le film documentaire est encore, par méconnaissance, envisagé uniquement sous l’angle de son apport dans la connaissance d’un sujet. Or, si on ne doit pas nier celui-ci, il est cependant indéniable que chaque film documentaire est aussi un point de vue, subjectif. Le documentaire est une forme cinématographique qui traite de la réalité, à travers le regard et l’imaginaire d’un réalisateur.
Les premières collections audiovisuelles qui sont apparues dans les bibliothèques au début des années 80, comportaient beaucoup de films que j’appellerais "documents audiovisuels", au sens d’utilisation de l’outil filmique dans le but d’illustrer ou de vulgariser la connaissance et l’information. On trouvait aussi de nombreux portraits et conférences d’auteurs littéraires, de scientifiques, des documents d’archives, d'actualité…
Progressivement, fin des années 80, les regards des cinéastes documentaristes se sont multipliés, les approches des professionnels des bibliothèques se sont modifiées. Les notions d’auteur, d’écriture, de montage… pour évoquer le film documentaire sont devenues évidentes, il s’agissait bien de cinéma ! Dans les bibliothèques, des vidéothécaires passionnés ont voulu mettre en valeur et défendre ce genre cinématographique méconnu en le diffusant auprès du grand public.
Nous sommes encore aujourd’hui embarrassés avec la terminologie, le mot "documentaire"et sa définition sont encore cause de confusion, de clichés, d’a priori. Nous avons recours à des termes spécifiques tels "documentaire de création" ou "documentaire d’auteur" pour faire valoir la distinction, pourtant évidente, entre la simple notion de "document audiovisuel" et celle de "film documentaire".
« Etre passeur cinématographique » comme le disait Serge Daney… : le choix du caviste.
En tant que vidéothécaires nous sommes des "passeurs de cinéma". Nous pouvons offrir au public de tous âges de découvrir ou redécouvrir des œuvres d’hier et d’aujourd’hui, venues des quatre coins du monde, issues d’une grande diversité d’écritures, de formes, et abordant un large éventail de thématiques.
La vidéothèque de la Maison du Livre de l’Image et du Son tend à rassembler dans ses collections, des œuvres cinématographiques internationales, de fiction, documentaires, de cinéma d’animation, de cinéma expérimental, des courts métrages… ce, des origines du cinéma à la production antérieure d'un an à l'année en cours.
Notre credo est de faire découvrir ou redécouvrir des œuvres cinématographiques, de faire traverser les frontières entre les époques, les auteurs, les pays et les genres du cinéma ainsi que celles entre les différents arts offerts au public en médiathèques, c’est à dire entre cinéma, musique, littérature, arts plastiques etc.
L’arrivée du support DVD et la rapidité de l’équipement des ménages a provoqué l’engouement du public pour des œuvres diverses. Nous le voyons avec plaisir emprunter spontanément des œuvres qu’il jugeait auparavant trop anciennes ou trop difficiles.
La qualité de la numérisation incomparable avec celle de la cassette vidéo, sa pérennité (donnée très importante pour l’état de notre collection car, en bibliothèque, un même film peut être emprunté et vu de nombreuses fois), mais aussi celle de la remastérisation, que ce soit au niveau de l’image ou du son, les "compléments de programme" ainsi que l’esthétique de l’objet même, développée par certains éditeurs, ont entraîné un nouvel essor des emprunts de films dans les médiathèques. Le DVD, plus encore que la cassette vidéo, apparaît réellement apporter une "deuxième vie" au film après sa diffusion en salle, et être un nouvel atout dans notre rôle de "passeur cinématographique".
Le film documentaire apporte ainsi à des spectateurs de tous âges, des réponses à des questions, à des besoins d’informations ou de formations sur des sujets extrêmement variés, d’actualité ou non. Il répond également, comme pour la fiction, à l'envie du public de "loisirs ou plaisirs", de découvertes thématiques ou cinématographiques.
Notre vidéothèque sélectionne, par conséquent, ses acquisitions de films documentaires avec le souci de la notion "d ‘encyclopédisme", cherchant à offrir la plus grande diversité possible de regards sur le plus grand nombre de sujets possible, privilégiant l’œuvre d’auteur par opposition au "document audiovisuel".
Il y a environ sept ans, nous avons opté pour un classement des films documentaires dans notre vidéothèque, non plus par sujets, mais par réalisateurs. Nous trouvions que le cinéma documentaire n’était pas assez emprunté. Classé à part, sous l’étiquette « films documentaires » nous avons pensé que nous le marginalisions, que nous participions au fait que le public voyait celui-ci uniquement comme un apport de connaissance et non pas également sous un point de vue cinématographique, conscient que des réalisateurs étaient à l'origine de ces films. Nous trouvions également dommageable de voir que certains cinéastes, comme Louis Malle par exemple, voyaient leur parcours cinématographique morcelé, avec leurs œuvres fictionnelles d’un côté, et documentaires de l'autre. Ce type de classement ne nous semblait, non plus, ni correspondre à notre volonté de mettre en évidence la diversité d’offre culturelle que représente le cinéma dans son ensemble, ni à notre envie de proposer au public de se laisser aller à la découverte, à la surprise.
Nous avons donc décidé de classer l’ensemble de nos films, fiction et documentaires, par réalisateur, tout en conservant bien sûr la possibilité pour le public d’interroger notre catalogue de films documentaires par sujets et par titres. Ceci a bien sûr entraîné quelques réflexions négatives car, provoquant une rupture dans les habitudes de cheminement de l’usager, certains se trouvaient momentanément un peu perdus. Il arrive encore que ce classement pose quelques questions car ce n’est pas une pratique courante en médiathèque.
Cependant, nous avons pu mesurer l’impact positif de ce changement pour le cinéma documentaire dans notre vidéothèque, les films ayant été, depuis, nettement plus empruntés et vus.
La collection et Le Mois du film documentaire
Le Mois du film documentaire nous aide à faire vivre les films documentaires.
Depuis la création de notre vidéothèque en 1988, nous avons toujours proposé des événements annuels consacrés au cinéma documentaire, organisant des projections en auditorium et des rencontres avec des réalisateurs.
Cependant, inscrire un événement dans le cadre d’une manifestation nationale est important pour une valorisation plus large de cette forme cinématographique, hélas encore si peu ou si mal diffusée en salle ou à la télévision. De plus, le Mois du film documentaire contribue à identifier et authentifier la présence des films documentaires dans les collections des bibliothèques et appuie le travail effectué pour valoriser ceux-ci auprès du public par les vidéothécaires.
Cette manifestation est une réelle occasion, au moins une fois par an, de mettre l’accent à travers l’ensemble des offres des participants, qui sont nombreuses et variées, sur la richesse du cinéma documentaire, que ce soit en matière d’auteurs, de formes, ou de thématiques.
Notre vidéothèque participe à cette manifestation depuis la première édition et nous avons organisé des événements très variés, consacrés à des thématiques ou à des auteurs et des rétrospectives.
En 2004, par exemple, nous avons accueilli deux réalisateurs à l’écriture très différente, Rob Rombout, documentariste belge au style expressionniste et Robert Cahen, cinéaste impressionniste, précurseur de l’art vidéo en France, pour une rétrospective de leurs œuvres et la diffusion du film documentaire expérimental Canton la chinoise qu’ils ont coréalisé et qui était le fil conducteur de cet événement. Ce film témoigne d’une rencontre étonnante entre les formes cinématographiques, d’un passage réussi, non sans difficultés, mais réussi.
Nous avons pu faire ainsi découvrir au public une quinzaine de films, qui sont depuis dans notre collection et sont souvent empruntés. Nous avons organisé trois rencontres/débats entre spectateurs et réalisateurs, dont l’une avec des jeunes de classes de lycées. Les discussions ont été riches, abordant les thématiques des films présentés, les questions de l’art cinématographique, la richesse et la problématique pour deux cinéastes d’œuvrer ensemble.
En 2005, sous le titre « Interroger sa propre histoire », nous avons proposé au public adulte et adolescent d’explorer le film intime à travers des projections et rencontres à l’entrée libre et gratuite. Une séance a été organisée spécialement à l’attention de classes de lycées.
Nous avons accueilli ainsi quatre réalisatrices qui ont toutes réalisé un film évoquant leur mère : Esther Hoffenberg a présenté les Deux vies d’Eva, Joële van Effenterre Lettre à ma mère, naître et renaître, Mariana Otero Histoire d’un secret, et Agnès Bert Toi qui m’as vue petite.
Ce sont quatre films dont l’écriture est très originale et personnelle. Cette programmation fut l’occasion pour les spectateurs d’aborder à travers ces films « quête, enquête, lettre ou cri » plusieurs pistes de débats : Pourquoi un cinéaste documentariste réalise-t-il un film sur son histoire personnelle ? Pourquoi l’offre-t-il au regard d’autrui ? Quelle est alors la place du spectateur ? Comment passe-t-on de la petite histoire à la grande histoire, c’est à dire de l’histoire personnelle à l'histoire universelle ?
Cette programmation a réuni deux longs métrages et deux courts métrages car nous travaillons, depuis 2001, en lien avec Le Festival du court métrage de Villeurbanne, organisé par l’association du Cinéma le Zola, qui se déroule en même temps, et pour lequel le coordinateur, Laurent Hugues, souhaitait trouver dans la partie off qu’il a développée, une ouverture vers le cinéma documentaire.
A travers le Mois du film documentaire, nous saisissons l’occasion de mettre l’accent sur la richesse du cinéma documentaire, en présentant des réalisateurs très différents.
De plus, nous mettons à disposition d’autres titres complémentaires réalisés par d'autres cinéastes, en lien avec les thématiques explorées et issus de tous les genres cinématographiques.
Des passerelles sont également visibles avec la littérature, la musique, les arts plastiques…
Nous souhaitons atteindre des publics variés quant à l’âge et à "l'origine" (public de la vidéothèque, de la médiathèque, public au sens large, scolaires, spectateurs du Festival du court métrage).
Nous espérons faire franchir des frontières…
| entretien avec Laurence Marconne, responsable secteur cinéma |
Si l’on consulte Le Petit Robert, on y trouve comme définition de "film documentaire" : « film didactique présentant des documents authentiques, non élaborés pour l’occasion ».
Pour une partie du public, regarder un film documentaire suppose donc, en plus de la notion de réel, de par cette notion "didactique", que l’on doive fournir un effort intellectuel particulier dans le but d’accéder à un savoir, à une connaissance. Trop souvent hélas, le public conçoit mal que l’on puisse trouver aussi du plaisir à voir un film documentaire. Le film documentaire est encore, par méconnaissance, envisagé uniquement sous l’angle de son apport dans la connaissance d’un sujet. Or, si on ne doit pas nier celui-ci, il est cependant indéniable que chaque film documentaire est aussi un point de vue, subjectif. Le documentaire est une forme cinématographique qui traite de la réalité, à travers le regard et l’imaginaire d’un réalisateur.
Les premières collections audiovisuelles qui sont apparues dans les bibliothèques au début des années 80, comportaient beaucoup de films que j’appellerais "documents audiovisuels", au sens d’utilisation de l’outil filmique dans le but d’illustrer ou de vulgariser la connaissance et l’information. On trouvait aussi de nombreux portraits et conférences d’auteurs littéraires, de scientifiques, des documents d’archives, d'actualité…
Progressivement, fin des années 80, les regards des cinéastes documentaristes se sont multipliés, les approches des professionnels des bibliothèques se sont modifiées. Les notions d’auteur, d’écriture, de montage… pour évoquer le film documentaire sont devenues évidentes, il s’agissait bien de cinéma ! Dans les bibliothèques, des vidéothécaires passionnés ont voulu mettre en valeur et défendre ce genre cinématographique méconnu en le diffusant auprès du grand public.
Nous sommes encore aujourd’hui embarrassés avec la terminologie, le mot "documentaire"et sa définition sont encore cause de confusion, de clichés, d’a priori. Nous avons recours à des termes spécifiques tels "documentaire de création" ou "documentaire d’auteur" pour faire valoir la distinction, pourtant évidente, entre la simple notion de "document audiovisuel" et celle de "film documentaire".
« Etre passeur cinématographique » comme le disait Serge Daney… : le choix du caviste.
En tant que vidéothécaires nous sommes des "passeurs de cinéma". Nous pouvons offrir au public de tous âges de découvrir ou redécouvrir des œuvres d’hier et d’aujourd’hui, venues des quatre coins du monde, issues d’une grande diversité d’écritures, de formes, et abordant un large éventail de thématiques.
La vidéothèque de la Maison du Livre de l’Image et du Son tend à rassembler dans ses collections, des œuvres cinématographiques internationales, de fiction, documentaires, de cinéma d’animation, de cinéma expérimental, des courts métrages… ce, des origines du cinéma à la production antérieure d'un an à l'année en cours.
Notre credo est de faire découvrir ou redécouvrir des œuvres cinématographiques, de faire traverser les frontières entre les époques, les auteurs, les pays et les genres du cinéma ainsi que celles entre les différents arts offerts au public en médiathèques, c’est à dire entre cinéma, musique, littérature, arts plastiques etc.
L’arrivée du support DVD et la rapidité de l’équipement des ménages a provoqué l’engouement du public pour des œuvres diverses. Nous le voyons avec plaisir emprunter spontanément des œuvres qu’il jugeait auparavant trop anciennes ou trop difficiles.
La qualité de la numérisation incomparable avec celle de la cassette vidéo, sa pérennité (donnée très importante pour l’état de notre collection car, en bibliothèque, un même film peut être emprunté et vu de nombreuses fois), mais aussi celle de la remastérisation, que ce soit au niveau de l’image ou du son, les "compléments de programme" ainsi que l’esthétique de l’objet même, développée par certains éditeurs, ont entraîné un nouvel essor des emprunts de films dans les médiathèques. Le DVD, plus encore que la cassette vidéo, apparaît réellement apporter une "deuxième vie" au film après sa diffusion en salle, et être un nouvel atout dans notre rôle de "passeur cinématographique".
Le film documentaire apporte ainsi à des spectateurs de tous âges, des réponses à des questions, à des besoins d’informations ou de formations sur des sujets extrêmement variés, d’actualité ou non. Il répond également, comme pour la fiction, à l'envie du public de "loisirs ou plaisirs", de découvertes thématiques ou cinématographiques.
Notre vidéothèque sélectionne, par conséquent, ses acquisitions de films documentaires avec le souci de la notion "d ‘encyclopédisme", cherchant à offrir la plus grande diversité possible de regards sur le plus grand nombre de sujets possible, privilégiant l’œuvre d’auteur par opposition au "document audiovisuel".
Il y a environ sept ans, nous avons opté pour un classement des films documentaires dans notre vidéothèque, non plus par sujets, mais par réalisateurs. Nous trouvions que le cinéma documentaire n’était pas assez emprunté. Classé à part, sous l’étiquette « films documentaires » nous avons pensé que nous le marginalisions, que nous participions au fait que le public voyait celui-ci uniquement comme un apport de connaissance et non pas également sous un point de vue cinématographique, conscient que des réalisateurs étaient à l'origine de ces films. Nous trouvions également dommageable de voir que certains cinéastes, comme Louis Malle par exemple, voyaient leur parcours cinématographique morcelé, avec leurs œuvres fictionnelles d’un côté, et documentaires de l'autre. Ce type de classement ne nous semblait, non plus, ni correspondre à notre volonté de mettre en évidence la diversité d’offre culturelle que représente le cinéma dans son ensemble, ni à notre envie de proposer au public de se laisser aller à la découverte, à la surprise.
Nous avons donc décidé de classer l’ensemble de nos films, fiction et documentaires, par réalisateur, tout en conservant bien sûr la possibilité pour le public d’interroger notre catalogue de films documentaires par sujets et par titres. Ceci a bien sûr entraîné quelques réflexions négatives car, provoquant une rupture dans les habitudes de cheminement de l’usager, certains se trouvaient momentanément un peu perdus. Il arrive encore que ce classement pose quelques questions car ce n’est pas une pratique courante en médiathèque.
Cependant, nous avons pu mesurer l’impact positif de ce changement pour le cinéma documentaire dans notre vidéothèque, les films ayant été, depuis, nettement plus empruntés et vus.
La collection et Le Mois du film documentaire
Le Mois du film documentaire nous aide à faire vivre les films documentaires.
Depuis la création de notre vidéothèque en 1988, nous avons toujours proposé des événements annuels consacrés au cinéma documentaire, organisant des projections en auditorium et des rencontres avec des réalisateurs.
Cependant, inscrire un événement dans le cadre d’une manifestation nationale est important pour une valorisation plus large de cette forme cinématographique, hélas encore si peu ou si mal diffusée en salle ou à la télévision. De plus, le Mois du film documentaire contribue à identifier et authentifier la présence des films documentaires dans les collections des bibliothèques et appuie le travail effectué pour valoriser ceux-ci auprès du public par les vidéothécaires.
Cette manifestation est une réelle occasion, au moins une fois par an, de mettre l’accent à travers l’ensemble des offres des participants, qui sont nombreuses et variées, sur la richesse du cinéma documentaire, que ce soit en matière d’auteurs, de formes, ou de thématiques.
Notre vidéothèque participe à cette manifestation depuis la première édition et nous avons organisé des événements très variés, consacrés à des thématiques ou à des auteurs et des rétrospectives.
En 2004, par exemple, nous avons accueilli deux réalisateurs à l’écriture très différente, Rob Rombout, documentariste belge au style expressionniste et Robert Cahen, cinéaste impressionniste, précurseur de l’art vidéo en France, pour une rétrospective de leurs œuvres et la diffusion du film documentaire expérimental Canton la chinoise qu’ils ont coréalisé et qui était le fil conducteur de cet événement. Ce film témoigne d’une rencontre étonnante entre les formes cinématographiques, d’un passage réussi, non sans difficultés, mais réussi.
Nous avons pu faire ainsi découvrir au public une quinzaine de films, qui sont depuis dans notre collection et sont souvent empruntés. Nous avons organisé trois rencontres/débats entre spectateurs et réalisateurs, dont l’une avec des jeunes de classes de lycées. Les discussions ont été riches, abordant les thématiques des films présentés, les questions de l’art cinématographique, la richesse et la problématique pour deux cinéastes d’œuvrer ensemble.
En 2005, sous le titre « Interroger sa propre histoire », nous avons proposé au public adulte et adolescent d’explorer le film intime à travers des projections et rencontres à l’entrée libre et gratuite. Une séance a été organisée spécialement à l’attention de classes de lycées.
Nous avons accueilli ainsi quatre réalisatrices qui ont toutes réalisé un film évoquant leur mère : Esther Hoffenberg a présenté les Deux vies d’Eva, Joële van Effenterre Lettre à ma mère, naître et renaître, Mariana Otero Histoire d’un secret, et Agnès Bert Toi qui m’as vue petite.
Ce sont quatre films dont l’écriture est très originale et personnelle. Cette programmation fut l’occasion pour les spectateurs d’aborder à travers ces films « quête, enquête, lettre ou cri » plusieurs pistes de débats : Pourquoi un cinéaste documentariste réalise-t-il un film sur son histoire personnelle ? Pourquoi l’offre-t-il au regard d’autrui ? Quelle est alors la place du spectateur ? Comment passe-t-on de la petite histoire à la grande histoire, c’est à dire de l’histoire personnelle à l'histoire universelle ?
Cette programmation a réuni deux longs métrages et deux courts métrages car nous travaillons, depuis 2001, en lien avec Le Festival du court métrage de Villeurbanne, organisé par l’association du Cinéma le Zola, qui se déroule en même temps, et pour lequel le coordinateur, Laurent Hugues, souhaitait trouver dans la partie off qu’il a développée, une ouverture vers le cinéma documentaire.
A travers le Mois du film documentaire, nous saisissons l’occasion de mettre l’accent sur la richesse du cinéma documentaire, en présentant des réalisateurs très différents.
De plus, nous mettons à disposition d’autres titres complémentaires réalisés par d'autres cinéastes, en lien avec les thématiques explorées et issus de tous les genres cinématographiques.
Des passerelles sont également visibles avec la littérature, la musique, les arts plastiques…
Nous souhaitons atteindre des publics variés quant à l’âge et à "l'origine" (public de la vidéothèque, de la médiathèque, public au sens large, scolaires, spectateurs du Festival du court métrage).
Nous espérons faire franchir des frontières…